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La RE 2020 : Vers toujours plus de performance énergétique et environnementale.

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La RE 2020 présentera 2 nouveautés qui renforcent et augmentent les exigences de la RT 2012 :

  • La prise en considération des émissions de carbone des bâtiments
  • La valorisation de la construction de maison à énergie positive
     

La réduction des émissions de carbone

Dans la continuité du protocole de Kyoto signé en 1997, puis du Grenelle de l’environnement, le secteur du bâtiment va s’inscrire dans la stratégie gouvernementale de réduction des émissions de CO2. Responsable en France de 40% de ces dernières, tout va être mis en œuvre pour diminuer l’empreinte carbone des maisons neuves et tenter de diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Le référentiel et le label Énergie-Carbone ou E+C-

Dans ce but, le référentiel et le label Énergie-Carbone (ou E+C-) ont été créés. C- représente la réduction de l’impact carbone des constructions. Et E+ la production de leur propre énergie. Le référentiel offre ainsi un cadre aux maîtres d’ouvrage pour concevoir des bâtiments à énergie positive et faiblement émetteurs de gaz à effet de serre. Le label officiel leur permet ensuite de communiquer sur leur démarche.

Il propose 2 niveaux de performance :

  • Le niveau Carbone 1 est accessible à toutes les constructions et type de chauffage.
  • Le niveau Carbone 2 regroupe les opérations les plus performantes (matériaux, équipements, etc.).

Le bonus de construction

Pour encourager les constructeurs à concevoir des maisons selon les principes du référentiel Énergie-Carbone, un bonus de 30% de surface habitable leur est accordé si celles-ci répondent aux critères d’éligibilité définis.

L’ultime réglementation environnementale

La RE 2012 se concentrait sur les bilans thermiques des constructions, sur leur isolation, et leur étanchéité. L’objectif de la RT 2020 est encore plus ambitieux dans ce domaine, car elle y ajoute la volonté de production d’énergie et de réduction des émissions de CO2 des constructions.

Mais elle va encore plus loin. En effet, elle ne se limite plus à la maison seule. Elle tient également compte de tout son environnement. Ainsi, vous ne pourrez rien laisser au hasard sur votre terrain. Depuis la grille du portail jusqu’aux isolants utilisés pour le garage, il faut tout mettre en œuvre pour diminuer au maximum les émissions de carbone du bâti. Pour cela, le cycle de vie de tous les matériaux utilisés pour la construction va être analysé et optimisé. Et tout particulièrement les isolants.

L’analyse des matériaux utilisés pour la construction

Une étude fine des produits et matériaux utilisés dans la construction va devoir être faite. Des outils évaluent leur impact environnemental en étudiant leur fabrication, leur installation et de quelle manière ils vont pouvoir être recyclés. C’est l’analyse de leur cycle de vie ou ACV. Dans cette course à la réduction des émissions de carbone, les isolants ont un rôle fondamental, car ils permettent de diminuer les consommations énergétiques. Or moins on consomme, moins on émet de carbone.

Évolution et innovation en matière d’isolants

Des isolants plus respectueux de l’environnement

Les laines minérales (de roche et de verre) et le polystyrène expansé sont les isolants les plus utilisés par les constructeurs. Pour répondre à la RT 2020, les fabricants doivent s’adapter pour proposer des matériaux et des produits plus respectueux de l’environnement, des habitants et des poseurs. La laine de verre est ainsi moins irritante. En effet, les fabricants suppriment de plus en plus le formaldéhyde et le phénol. La qualité de l’air dans les habitations sera de ce fait améliorée. Ce dernier point est très important même si à ce sujet la réglementation ne dépasse pas le principe de la mention des niveaux d’émissions en composés organiques volatils (COV) des matériaux (A+, A, B et C).

Vers plus de matériaux biosourcés ?

Vous pouvez également vous tourner vers les matériaux biosourcés : une alternative aux isolants classiques. Les pouvoirs publics encouragent d’ailleurs leur usage. Ce sont des produits fabriqués totalement ou partiellement à partir de matières premières renouvelables d’origine biologique (végétale, animale, résiduelles, etc.). Ces dernières se distinguent des matières fossiles que l’industrie utilise en majorité. Attention, un isolant biosourcé n’est pas forcément biodégradable, ni 100% naturel. Son bilan environnemental n’est donc pas systématiquement meilleur que celui des matériaux de synthèse. Le bilan carbone de la laine de bois est ainsi moins bon que celui de la laine de verre !

Conclusion

Les réglementations thermiques successives imposent aux constructeurs de maisons neuves de suivre des normes techniques. Pour les particuliers, elles sont la garantie d’une considérable et nécessaire réduction de leur consommation d’énergie et de leur impact carbone. Cependant, vous devez piloter correctement une maison passive ou positive pour être efficace. La température préconisée par l’Ademe est par exemple de 19°C pour une pièce à vivre. L’augmenter d’un degré c’est 7% supplémentaire sur sa facture de chauffage !

(1) L’énergie primaire est l’énergie disponible dans la nature avant toute transformation. Elle permet ainsi de comparer les énergies sur un pied d’égalité. En effet, la production d’électricité engendre beaucoup plus de pertes de transformation que le gaz par exemple. Ainsi 1kWh d’électricité équivaut à 2.5 kWh d’énergie primaire. Alors que 1kWh issu des autres énergies (gaz, fioul domestique, GPL, etc.) équivaut à 1kwh d’énergie primaire. Vous comprenez donc que le mode de production du chauffage électrique, qui a été longtemps le plus installé en France, est désormais pénalisé.

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